Pour la fin d’année, je vous propose un article que j’ai écrit au début de mon deuxième semestre de master, vers février, je compléterai donc cette article par un bilan plus général de l’année, moins centré sur les difficultés !
Ce semestre, je vous propose un bilan sous une autre forme, après déjà cinq mois en master recherche, Arts, Lettres et Civilisations parcours Sciences de l’Antiquité à Nantes. En effet, vous êtes plusieurs à m’avoir demandé de développer sur la charge de travail ainsi que l’écriture du mémoire et le travail de recherche qui y est associé. Je vous propose donc une réflexion sur les difficultés que j’ai pu rencontrer jusqu’ici depuis le début de mon M1 et les éventuelles solutions que je trouve pour avancer ; évidemment, tout ce que je décrirai ici est propre à moi-même ainsi qu’à ma filière, mais de nombreux autres étudiants pourraient être susceptibles de s’y retrouver.
Les problèmes de la fatigue
Depuis ma première année de licence, je découvre chaque année de nouveaux défis, une nouvelle charge de travail, et ce même si j’avais déjà une bonne aisance pour m’organiser, travailler seule et comprendre et restituer les cours. Ainsi, je m’expose souvent au problème de la fatigue, comme tous les étudiants que je connais, à vrai dire, ce qui a au moins deux implications dans ma vie : négliger mon hygiène de vie et ne plus réussir à étudier.
Ne plus réussir à avoir une hygiène de vie
Je me souviens, dans de précédents articles, avoir insisté sur la nécessité de maintenir une hygiène de vie sommaire pendant ses études, afin de réussir. Je ne crois pas, en revanche, avoir parlé de ce que je faisais lorsque cette hygiène de vie me faisait défaut ; tout d’abord parce qu’on a pas toujours le recul nécessaire pour se rendre compte qu’on est dans une position vraiment difficile, et ensuite parce que j’ai mis du temps à trouver des techniques pour me remettre sur les rails lorsque cela n’allait pas, ce qui est plutôt normal après tout, puisque devenir étudiant implique généralement de vivre sans sa famille, de gagner en autonomie sur tous les plans, etc.
Tout d’abord, en ce qui concerne l’alimentation : je fais en sorte d’avoir toujours une ou deux idées de repas très simples et réconfortants (et j’insiste là dessus) avec tous les ingrédients à disposition, et ce, même si le repas n’est pas parfaitement équilibré. En cas de fatigue très importante, il est préférable de manger un repas chaud et satisfaisant plutôt que de ne rien manger du tout ; idem pour les boissons, ayez une boisson chaude, ou sucrée, pour retrouver se détendre ou retrouver de l’énergie. Évidemment, nous sommes nombreux à avoir des difficultés financières plus ou moins importantes, malheureusement, il y a des situations pour lesquelles je n’aurai pas de solutions. Si jamais la situation devient vraiment critique, essayez autant que possible d’aller voir un assistant sociale, demander de l’aide à des amis ou autre, même si le résultat semble peu satisfaisant.
Concernant le ménage et l’hygiène : une routine simple sera votre meilleur alliée pour ne pas accumuler trop de retard. Personnellement, l’hygiène est très importante pour moi (et pour les autres aussi puisque la fac reste une aventure sociale), cela ne me demande donc pas beaucoup d’efforts, et je peux remettre mon shampoing à plus tard, mais j’ai lâché prise sur le ménage ces dernières années. Je donne souvent un coup de balais et je passe l’éponge sur ma table, je range tous les jours un peu, mais s’il faut me donner du temps un soir en évitant de faire une grosse session de ménage, je le fais. De toute manière, j’ai aussi la chance d’aimer faire du ménage de temps en temps ; essayez de le voir comme un cadeau, une manière pour vous de vivre dans un environnement agréable, même si encore une fois, nous ne sommes pas toujours logés à la même enseigne, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots !
Enfin, concernant le sport : je marche tous les jours, je fais du sport dès que je peux, une fois par semaine environ, mais sans objectif de performance ni pression. Si le sport est une passion, gardez la coûte que coûte, pour vous accorder des moments pour vous, autrement, ne placez pas la barre trop haute et acceptez d’être fatigué. Le principal est de bouger tous les jours, ce qui, lorsqu’on est à la fac, est souvent facile à faire selon moi : en ville, on a rapidement tendance à faire beaucoup de trajets à pied. Personnellement, ce qui est surtout nécessaire pour moi, c’est de garder du temps pour mes activités artistiques, même si elles ont moins de place dans ma vie depuis mes études, de garder du temps de repos (à écouter de la musique, regarder un film, jouer aux jeux de société ou jeux vidéos, voir des amis, ou simplement ne rien faire). J’ai longtemps négligé cet aspect et j’ai trouvé la fin de ma licence très dure, au point que j’ai même eu du mal à envisager la suite de mes études en master pendant l’été.
Je terminerai cette partie sur l’hygiène de vie en mentionnant brièvement le problème du sommeil, très complexe et variable d’une personne à l’autre : j’ai personnellement beaucoup de difficultés à dormir depuis des années, je dors peu, et mon sommeil est peu reposant. J’ai longtemps cru que cela serait une fatalité car je ne trouvais aucune solution à ce problème, mais aujourd’hui je trouve un équilibre entre des solutions auprès de professionnels de santé ainsi qu’en cherchant des « substituts » au sommeil. Bien évidemment, dormir est une nécessité, mais aujourd’hui je préfère soigner le temps avant et après mon sommeil, en restant réveillée mais avec une lumière douce, et sans être dans l’action. Je me repose plus pendant ce genre de moments actuellement, et quand je suis saturée, il m’arrive de faire des pauses de quelques minutes à une heure dans mon lit, avec une lumière douce et en lisant ou jouant à un jeu. En effet, j’ai souvent été frustrée de ne pas trouver de repos dans mon sommeil, alors que je ne m’en accordait même pas dans ma vie éveillée, et je pense que ce dernier est tout aussi important.
Ne plus réussir à étudier
Évidemment, lorsque vous êtes étudiant, un problème des plus critique est de ne plus parvenir à étudier, notamment lorsque les examens approchent. Dans ce cas là, voici plusieurs solutions, toutes insatisfaisantes sur le moment, pas toujours faciles à mettre en place, mais réellement efficaces :
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- Si vous procrastinez, il est temps de faire une pause : parfois, même lorsque l’on a une évaluation le lendemain, il vaut mieux admettre que la veille est déjà trop tard, s’accorder une pause, un peu de sommeil, et mettre son réveil un peu plus tôt le lendemain pour réviser. C’est une stratégie risquée, mais avec l’adrénaline de l’épreuve, on arrive parfois bien à faire des révisions de dernière minute, ce qui sollicite la mémoire à court terme. À faire si vous vous sentez confiants en vos capacités, le but n’est pas non plus de tout oublier à cause du stress.
- Mieux vaut peu que pas du tout : si vous vous sentez incapable de faire une pause, ne privilégiez que de petites tâches, des révisions sommaires ; ne révisez que les dates, ou seulement les concepts fondamentaux de votre cours. Priorisez la méthode pour une dissertation ou un commentaire, relisez des extraits de l’oeuvre que vous avez étudiée si vous êtes en littérature… Tout travail est bon à prendre, surtout si vous avez une méthodologie solide (et ça c’est le plus important !).
- Mettez vous au travail par tout les moyens… sauf par le travail ! Parfois, lorsque l’on n’est pas encore trop vidé, on peut tenter de mentir à son cerveau en travaillant quelque chose que l’on préfère. Plutôt que de réviser tout de suite la discipline que vous aurez à l’examen, choisissez votre discipline préférée, même s’il n’y a pas urgence, ou pire ! Choisissez une passion, quelle quelle soit, et faites un travail de recherche dessus, collectez et organisez des informations, puis, tentez de dériver vers les révisions des disciplines universitaires. Normalement, cette tactique vous aura permis d’obtenir un peu de dopamine et de retrouver de la concentration pour les tâches plus fastidieuses. De manière générale, commencez par quelque chose qui vous semble simple quand vous êtes fatigué.
- Si jamais vous manquez encore plus de temps, et que le stress vous empêche de faire quoi que ce soit, découpez en micro-tâches votre devoir, et soyez absolument discipliné pour faire une, deux, ou trois de ces micro-tâches. N’essayez pas de tout finir d’un coup, soyez seulement fortement décidé à en finir avec ces premières étapes : dans le meilleur des cas la motivation viendra pour vous aider à terminer le travail, dans le pire des cas, vous aurez fait de votre mieux.
- À ce propos, distinguez « faire de votre mieux » et « faire du mieux » : votre « mieux » n’est pas celui de votre camarade de promo ou de votre professeur lorsqu’il était étudiant, même si la difficulté reste de valider son année avec des résultats satisfaisants, votre mieux dépend de votre santé, de votre situation, de l’instant T. Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas viser la lune (visez la toujours !), mais soyez conscient que si jamais vous ne l’atteignez pas, tout votre mérite reposera dans le fait d’avoir tenté malgré tout. Il faut trouver un équilibre entre se pousser un peu de temps en temps et rester humble, afin de se satisfaire de son travail (sinon on est toujours renfrogné et surtout, on ne s’arrête jamais de travailler puisque rien n’est jamais suffisant. Et ça, à la longue, c’est épuisant).
- Travaillez dans un cadre doux : chouchoutez vous, que cela soit en vous offrant un goûter, un espace de travail rangé, en vous installant confortablement ou en prenant une douche avant de travailler ; si vous appréciez, travaillez avec des amis et échangez avec eux. Tout cela contribue aussi à retrouver de l’énergie, ou du moins, à finir un travail malgré le manque d’énergie.
- Si jamais vous en êtes au stade où vous lever vous semble impossible, où vous avez des vertiges, où chaque journée est insurmontable, prenez contact avec des professionnels de santé si ce n’est pas déjà fait. Ils n’auront pas de solution miracle mais vous aideront à remonter progressivement la pente ; par ailleurs, mieux vaut le faire au plus vite, sans attendre d’être dans un état trop difficile à vivre.
Dans tous les cas, suite à mon expérience de candidate libre au bac et à mes années de licence, je fais beaucoup plus attention aujourd’hui à garder du temps pour moi. Parfois, cela semble contre-productif, parce que tout le temps que l’on garde pour soi n’est pas directement distribué dans son travail universitaire, mais en réalité, vous perdez énormément en efficacité en ne vous reposant jamais. S’il faut prendre une soirée, prenez une soirée, le lendemain c’est plus simple de s’y mettre en s’étant autorisé à décrocher, et cela évite que les études-passion ne deviennent dévorantes. Sur ce point, je suis heureuse de mes débuts en master, je parviens pour la première fois à prendre un peu de recul sur ma méthode de travail et mes besoins. J’apprends bien plus à composer avec la réalité en comprenant qu’il est nécessaire de prendre du temps pour soi.
La charge de travail et les modalités d’évaluation
J’aborde à présent un deuxième point, moins général et propre à la formation que je suis en Sciences de l’Antiquité (un domaine polyvalent) et dans le cadre d’un master recherche (à différencier des exigences d’un master professionnel par exemple). Cette charge de travail est différente d’une discipline à l’autre et d’une ville à l’autre, et l’est également par rapport à ma licence, que je trouvais déjà très chargée. En licence, j’avais une vingtaine d’heures de cours par semaine, en master, j’oscille entre 12h et 15h de cours par semaine, ce qui laisse beaucoup de temps mobilisable pour d’autres choses, du moins en apparence, puisque j’étais déjà au fait que le travail à la fac implique beaucoup d’heures de travail personnel. Ce qui changeait véritablement pour moi, c’était de m’adapter à de nouvelles formes d’évaluation, cohérentes avec le monde de la recherche, ainsi que de diviser mon temps libre entre repos, loisirs, travail sur les cours et travail sur mon mémoire.
L’étrangeté du monde de la recherche
Comme vous me demandiez récemment de parler de tout ce qui est caché derrière l’intitulé de mon master et de masters similaires, j’aimerais parler de la manière dont les modalités d’évaluation sont adaptées aux objectifs du master, ce qui m’a déstabilisée, contrairement à ce que je pensais. En effet, même si j’avais déjà une appétence pour le monde de la recherche et une bonne autonomie quand il fallait réaliser un travail qui nécessitait des compétences dans ce domaine, je n’avais pas réellement une idée de ce que cela impliquait, au quotidien, comme activités. De ce point de vue, je trouve le master de Nantes très bien construit, car nous suivons obligatoirement tout au long de l’année des conférences, séminaires et journées d’études organisées à Nantes, que chaque professeur nous parle, par le biais des cours ou autrement, de son travail de recherche, mais nous avons aussi vent du fonctionnement administratif et de l’organisation que ce travail implique.
Ainsi, les formes d’évaluation ont considérablement évolué depuis la licence pour moi ; j’étais habituée aux dissertations, commentaires de textes et questions de cours, souvent lors de devoirs sur table ou partiel, mais les formes se sont diversifiées pour moi depuis le M1 : le master est évalué en contrôle continu, ce qui permet à chaque professeur de choisir ses modalités d’évaluation tout au long de l’année, et nous alternons entre des contrôles ou des devoirs sur table, des oraux et des travaux à rendre, que nous travaillons sur de plus longues périodes, en plus du mémoire. Nous rendons toujours des dissertations et des commentaires, mais souvent avec un travail de recherche en amont, tandis qu’une grande partie des devoirs maisons consistent en des dossiers, à la manière de mini-mémoire, des fiches de lectures ou des comptes-rendus universitaires. Ces deux dernières formes étaient particulièrement déstabilisantes pour moi, car elles nécessitent de grandes capacités de synthèse et que j’avais du mal à en percevoir l’utilité, mais elles me permettent actuellement de les réinvestir dans mon travail de mémoire, et dans le cas du compte-rendu, l’enjeu de diffusion des connaissances est également primordial, d’autant que l’on nous initie dans notre formation au domaine des Humanités numériques, c’est à dire la culture des sciences humaines et sociales en tant qu’elle passe par les outils numériques. Nous avons, par exemple, une initiation à l’utilisation de la plateforme Hypothèses ainsi que des projets à réaliser avec.
J’ai donc finalement pris goût avec cette forme du compte-rendu, qui va particulièrement avec les événements scientifiques qui rythment la vie du département ; c’est d’ailleurs une des choses que j’apprécie le plus à Nantes par rapport à Brest, car cela rend la formation très dynamique. Je suis également allée récemment à la Nuit Blanche des Chercheurs avec une amie, et j’y ai passé un très bon moment ! Tout ça pour dire que même lorsque l’on réussit dans sa licence, on a encore énormément de choses à découvrir au fil des années, et que la mention « recherche » du master n’est pas à prendre à la légère, que cela soit dans l’organisation des études, dans le contenu des cours ou par la forme des évaluations.
Une gestion du temps un peu chaotique
Derrière toutes ces réalités administratives et académiques, qui sembleront peut-être triviales ou évidentes à certains, il y a également ma propre gestion du temps, sur laquelle j’ai beaucoup évolué également depuis sept ans à travailler en autonomie (mes trois années de bac en candidat libre, trois années de licence et cette année en M1 Sciences de l’Antiquité). Je suis partie d’une organisation consistant à chronométrer chaque minute de mon temps pendant trois années, qui a évolué en quelque chose de moins stricte avec la licence, mais avec beaucoup de fatigue, et à présent j’assume totalement de ne pas tout organiser, même si cela implique des effets de ralentissement et d’accélération dans mon travail. Je suis assez confiante dans mes capacités à finir un travail, même si je suis en retard, car je rends toujours tous les travaux qu’on me donne, mais je suis plus vigilante concernant ma fatigue, comme je l’écrivais plus haut, car elle avait trop d’implications sur ma santé mentale et physique, comme le fait que je tombais malade presque tout le temps et que ça dégénérait systématiquement, ou le fait que j’ai tendance à faire des erreurs et à prendre des risques lorsque la fatigue devient trop présente.
Ainsi, il y a des semaines où j’apprends de manière bien plus passive, et d’autres où je suis plus active dans mes apprentissages, où je fiche des ouvrages, rédige des commentaires, des devoirs, des notes, etc. En revanche, je suis presque constante en traduction, car c’est un travail tellement prenant qu’on est obligé d’en faire tous les autres : au premier semestre je rendais des thèmes grecs et latins (traduction du français vers le latin ou le grec) avec les agrégatifs, mais j’avais également une version dans chaque langue toutes les deux semaines ainsi qu’un ouvrage de chacune d’elle à travailler tous les jours chaque semestre. Bien que je ne rende plus de thème actuellement comme les agrégatifs viennent de passer leurs épreuves, je continue ainsi à traduire presque tous les jours, avec pour projet de refaire des fiches de grammaire et de vocabulaire cet été (chaque été je m’occupe de revoir ma grammaire en général). En revanche, il m’arrive de traduire beaucoup plus la veille d’un examen, car je ne parviens pas toujours à suivre le même rythme malgré la régularité, comme s’ajoutent au travail de traductions les dossiers, oraux, dissertations, comptes-rendus et travail sur le mémoire.
C’est d’ailleurs celui-ci qui bouscule le plus ma gestion du temps, car mon travail dessus est à la fois régulier et soumis aux pics d’inspiration que je peux avoir. J’alterne entre suivre une liste de tâches que j’ai prédéfinies pour avancer dessus et des travaux plus aléatoires qui apparaissent au fur et à mesure de mes recherches, et même si cela peut être inconfortable en matière de fatigue, c’est, à mes yeux, ce qui rend le travail si passionnant ! Par ailleurs, j’ai fixé mon sujet relativement tard dans l’année, en décembre, et j’ai donc beaucoup travaillé dessus depuis pour rattraper le temps de réflexion que je n’ai pas mené dessus en septembre et octobre.
J’en arrive donc à une partie spécifiquement dédiée au mémoire, la plus grosse appréhension des étudiants en master je crois, qu’il s’agisse d’un mémoire de recherche ou d’un mémoire inséré dans une formation professionnelle !
Être perdu dans ses recherches
Je souhaite achever cet article sur une partie autour du mémoire et de la recherche ; je découvre cette année des aspects d’un travail de recherche que je n’avais pas expérimentés dans des travaux plus cours comme des dossiers. Alors que je me sentais totalement perdue en Septembre et en Octobre, je me suis rendue compte que mon sujet ne me plaisait pas véritablement, et j’ai donc totalement changé de sujet fin Octobre, ce qui a vraiment tout changé pour moi : première conclusion, faire un mémoire sur un sujet qui ne nous tient pas véritablement à coeur, c’est vraiment très, très dur, et cela dès le début.
Par la suite, j’ai beaucoup travaillé pour définir un corpus, des problèmes à traiter, j’étais assez prise dans l’euphorie du moment et j’avais parfois du mal à répartir mon temps entre le travail sur le mémoire, mes 15h de cours et mon travail personnel (dont le Petit Grec, Petit Latin, les versions et les thèmes latins et grecs). J’ai progressivement abandonné le thème latin pour cette année, comme c’est une option, et j’ai décidé de travailler les disciplines qui me plaisaient au moment où cela me plaisait, même si cela peut sembler contre productif car il y a parfois urgence à rendre un devoir particulier. Concernant le sommeil, je dors quand j’ai envie de dormir, et je travaille si j’en ai envie, j’assume à présent beaucoup mieux le fait d’avoir un rythme un peu décousu, et paradoxalement, j’ai beaucoup plus d’énergie depuis que je ne lutte plus constamment pour essayer d’avoir un rythme « sain ». Il y a effectivement des jours où je suis fatiguée, mais j’en fais un peu moins, ou je change d’activité, et cela me convient bien.
À présent, je travaille plus le cœur de mon mémoire, le commentaire de mon corpus, et il est vrai que j’ai de nombreux doutes concernant les problèmes que je me pose ou la méthodologie que je souhaite adopter (c’est d’ailleurs le plus gros des problèmes à mon avis). Je pense que les seules sont solutions sont d’en parler à son directeur ou sa directrice de mémoire ainsi que d’accepter une bonne fois pour toute de se perdre dans sa recherche de temps en temps. Quand je bute trop sur un problème, je change de perspective, je cherche de la littérature secondaire, je cherche des points de comparaison dans d’autres domaines ou j’attrape un livre que je n’avais initialement pas prévu de lire. J’ai découvert il y a peu un ouvrage que j’ai grandement apprécié d’Umberto Eco intitulé Comment écrire sa thèse (ici le terme de thèse désigne un mémoire de fin d’études fait par les italiens, le livre est donc tout à fait pertinent dans le cadre d’un mémoire de recherches en France) ; il y expose sa méthode de travail et j’ai trouvé beaucoup de remarques extrêmement pertinentes et rassurantes sur l’organisation de son travail, le choix du sujet, etc. Je ne peux que vous conseiller de le lire, d’autant que le ton est très léger et le style agréable !
Pour finir, rien n’est plus riche à mon sens que de discuter de son sujet avec d’autres étudiants, j’en discute très régulièrement avec une amie, et de temps en temps avec mes camarades de promo, et même si le but n’est pas forcément qu’ils trouvent une solution à ma place, ils ont très souvent des remarques ou des questions pertinentes qui peuvent aider à avancer. De plus, le fait d’être dans la même situation permet de trouver un peu de réconfort, et nous avons tous des sujets très variés et très personnels, ce qui rend l’échange encore plus enrichissant !
Conclusion :
Pour conclure, j’ai vraiment essayé d’aborder dans cet article les aspects les moins reluisants et les plus triviaux de ma formation et de vous expliquer les solutions que j’ai pu trouvé pour évoluer au mieux en son sein, tout en sachant que ces éléments peuvent varier d’une situation à l’autre. Au fond, je pense que le travail d’étudiant est par nature assez ingrat, comme tout travail d’ailleurs, mais cela ne justifie évidemment pas les conditions misérables que certains ont pour faire les études, et de plus en plus actuellement. C’est pour cela que j’ai toujours à cœur d’échanger avec vous et de partager ce que je peux de mon quotidien d’étudiante, parce que je pense que cela peut permettre de trouver des solutions, ou à défaut, de se sentir compris et soutenu, notamment en ce qui concerne le mémoire, qui est l’épicentre de beaucoup d’errances étudiantes !











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